James Colomina sur « Les Hauts de Belmont »

Orson Welles avait annoncé une invasion de la terre par de petits hommes verts, inspirée de la Guerre des mondes, provoquant une belle panique aux Etats-Unis. James Colomina, artiste toulousain, lui, voit rouge. Ses statues de petits hommes, voire d’enfants, complètement recouverts de peinture polyuréthane écarlate, commencent à envahir pacifiquement la Ville rose. Et pas que. Mais restons-en pour l’instant à Toulouse. Son « Homme à la tête de pomme » vient de surgir sur les ramblas Jean-Jaurès. Les Toulousains connaissaient bien, déjà, son « Enfant au bonnet d’âne » qui trône au Pont Neuf. Moins connu, son « Enfant sur le toit », installé sur son atelier d’artiste, est visible depuis la rue Denis Papin. Mais avec son « Voyageur », qui scrute l’horizon à travers un masque de plongée, depuis le toit terrasse d’un immeuble tout nouvellement construit au sommet de la colline de Jolimont, l’artiste a pris de la hauteur. La statue en fonte d’alu, qui pèse son quintal, a été hissée hier après-midi sur son piédestal de béton et de brique, à l’angle du 108, rue de Périole, à une quinzaine de mètres au-dessus du plancher des vaches. Au sommet de la résidence de 155 logements (en accession libre ou à prix maîtrisé, avec aussi des logements sociaux) au nom prédestiné des « Hauts de Belmont », qui vient d’être livrée en fin d’année 2019, sur les plans du cabinet d’architectes ampm de Quint-Fonsegrives. Le « Voyageur », avec à la main sa mallette, rouge elle aussi, semble prêt pour un voyage dans les airs. James Colomina avait jusqu’ici installé ses petits hommes rouges uniquement dans l’espace public. L’artiste, sollicité par le promoteur immobilier Marignan, constructeur de la résidence de Jolimont, n’était pas trop chaud pour participer à cette opération de mécénat cultureL « Marignan a signé une charte nationale avec le ministère de la Culture intitulée « Un immeuble, une œuvre », explique Christophe Brochet, directeur de l’agence toulousaine de Marignan, « on a contacté l’artiste toulousain il y a un an et demi, il a finalement dit oui ». « À partir du moment où j’ai eu la liberté de positionner le personnage que je voulais où je voulais, j’ai accepté », indique l’artiste : « Ce voyageur va délivrer un message pour un monde meilleur, et d’ici, il domine tout ». La statue a demandé un mois de travail à l’artiste pour la maquette grandeur nature en résine. Puis elle a été fondue et enfin peinte chez un carrossier avec le rouge Colomina, le même qui habille tous les petits hommes de l’artiste. Philippe Emery (La Depeche.fr)

https://www.ladepeche.fr/2020/02/04/le-petit-homme-rouge-sur-le-toit-de-la-ville-rose,8708681.php

https://www.james-colomina.com/